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QU’EST-CE QUE L’EURO A APPORTÉ À LA FRANCE ?

La monnaie sert à faciliter les échanges, à mesurer les revenus et le patrimoine d’un pays. Elle repose essentiellement sur la confiance qu’elle inspire pour constituer cette unité de mesure.

Le  revenu  d’un  pays correspond  à  ce  qu’il  produit, son  PIB.  Il  est  composé  de  ce  que  les  Français consomment  (ménages + entreprises + État),  de  ce qu’ils  vendent  à  l’étranger,  moins  ce  qu’ils  achètent à l’étranger. Pour augmenter le PIB d’un pays – les économistes  disent  « faire  de  la  croissance »  –  il faut  donc  consommer  plus  (par  l’augmentation  du pouvoir d’achat des ménages, ou l’augmentation des investissements  des  entreprises  ou  des  dépenses publiques)  et/ou  vendre  à  l’étranger  plus  que  ce qu’on y achète (balance commerciale), et pour vendre plus, il faut être plus compétitif, c’est-à-dire avoir des produits meilleurs, ou moins chers, ou les deux.

L’euro doit permettre de mettre fin à la guerre économique entre pays européens, en commençant par mettre fin à la guerre des taux de change entre monnaies européennes.

Avant  l’euro,  la  France  améliorait  sa  compétitivité vis-à-vis  des  autres  États,  en  particulier  de  l’Allemagne,  en  baissant  ses  prix,  plus  précisément  en baissant la valeur de sa monnaie par des dévaluations successives qui ont mené à un taux de change mark/franc de 1,17 en 1960 à 3,35 en 1998.

Ceci se payait par des politiques monétaires restrictives pour les Français.

Ainsi dans les années 80/90, la désinflation salariale (désindexation  des  salaires  sur  l’inflation)  et  une politique  monétaire  stricte  marquée  par  des  taux d’intérêt plus élevés que l’inflation, ont permis à la France  de  restaurer  sa  compétitivité  par  la  baisse des prix, au détriment des autres éléments de compétitivité : innovation, qualification, organisation du tissu industriel

. Mais  différentes  crises  financières  (krach  de  1993, crises  asiatiques  de  1998)  ont  chahuté  les  devises européennes  et  conduit  à  des  politiques  de  stabilisation coûteuses en emplois et en croissance. C’est pour éviter ces coûteuses politiques de désinflation et les dévaluations que la France a fait le choix de l’euro.

Ainsi la monnaie unique permet aux pays de ne plus se  livrer  entre  eux  une  guerre  des  monnaies  pour gagner en compétitivité. Mais pour autant la concurrence économique n’a pas disparu… Les différences sur les autres éléments composant la compétitivité perdurent, ils ont constitué les nouveaux enjeux de concurrence  entre  pays  :  salaires,  fiscalité,  qualité des  produits,  innovation, …  C’est  donc  là  que  les écarts se sont creusés.

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