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LES CONTRAINTES DU PASSAGE À LA MONNAIE UNIQUE

L’avènement de la monnaie unique est l’aboutissement de l’intégration des économies européennes. La concurrence s’en trouve aiguisée, ce qui peut se traduire par la disparition de nombreuses entreprises. Dans certains secteurs d’activité, l’emploi pâtit de l’avènement de l’euro, car celui-ci accélère la tendance aux regroupements entre entreprises, entamée lors de la phase préparatoire. Le passage à l’euro ne s’accompagne pas de dispositions obligeant les États à harmoniser leur fiscalité; aussi le maintien de disparités dans ce domaine accentue les mouvements d’épargne, notamment des plus fortunés, vers des pays où la fiscalité est favorable. De même, les disparités des systèmes de protection sociale subsistant, les coûts salariaux dans le marché unique se maintiennent, ce qui accélère les délocalisations d’activités vers les zones les plus compétitives. Le niveau élevé du taux de change de l’euro pénalise enfin les exportations.

L’unification monétaire européenne s’opère dans le cadre d’une harmonisation restrictive des politiques budgétaires, car la crédibilité d’un euro fort suppose une gestion rigoureuse des finances publiques des pays membres. Ceux-ci seront ainsi privés de cet outil traditionnel permettant de conduire une politique économique autonome afin de relancer l’activité économique. Comme la politique monétaire n’est plus du ressort de chaque pays puisqu’elle ne dépend que de la BCE (Banque centrale européenne) et qu’elle privilégie la lutte contre l’inflation, on peut craindre que l’entrée dans l’euro pénalise la croissance, donc l’emploi, sauf si la BCE confirme son alignement sur la politique de baisse des taux menée par la Réserve fédérale américaine. Le problème est accentué par le fait que les pays de la zone euro ne peuvent pas réellement compter sur le budget communautaire dont le montant est dérisoire par rapport à celui des États-Unis.

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