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Le Forex s’ouvre à l’investisseur privé

Le marché des devises – Foreign Exchange, ou Forex est le plus grand marché financier du monde. Chaque jour, 1500 milliards de dollars s’y échangent. Et pourtant ce secteur demeure largement méconnu du grand public.

Septembre  1992: le  spéculateur américain George Soros orchestre une attaque contre la  livre  sterling.  Estimant  que  la devise britannique est surévaluée, il la vend en masse. D’autres le suivent. En quelques heures, et malgré les efforts de la Banque d’Angleterre pour enrayer la chute de sa monnaie, ce stratagème rapporte un milliard de dollars à Soros. Dans  la  foulée,  ce  raid  aboutit  à l’implosion  du  système  monétaire européen.  Une  débâcle  qui  a  eu pour théâtre des opérations un marché nommé Forex, où les rêves les plus  fous  côtoient  les  cauchemars les plus sombres.

Des valeurs voyageuses Quiconque a voyagé sait que changer de l’argent est toujours une opération risquée. Le prix d’une devise étrangère – autrement dit le taux de change peut en effet varier entre le début  et  la  fin  du  séjour.  De  telles fluctuations  peuvent  d’ailleurs  être exploitées  dans  l’espoir  de  réaliser des profits. Ainsi, même sans partir en  vacances,  le  spéculateur  qui achète et revend des devises voyage sur  le  plus  grand  marché  financier du monde: le Forex. Un marché qui suscite aujourd’hui un vaste engouement. Mais quelle est la raison de ce

récent   enthousiasme?   Nicholas Bang,    chief    operating    officer d’Advanced   Currency   Markets(ACM) – membre du groupe américain  Refco  explique:  «Ces  cinq dernières  années,  l’accès  au  Forex s’est  démocratisé  grâce  à  l’apparition de sociétés on line qui permettent  aux  petits  investisseurs  d’acquérir et de vendre des devises via internet.»  Mais  c’est  d’abord  la mondialisation, avec pour principale  composante  l’augmentation  du commerce   international   et   des investissements  à  l’étranger,  qui  a contribué à faire du Forex le géant qu’il  est  aujourd’hui.  Et,  pour gagner de l’argent, la seule règle est d’acheter  des  monnaies  sous-évaluées et vendre celles qui sont survaluées. Toute la difficulté étant de parvenir à les identifier et à anticiper leur tendance.

La loi du mieux formé

Le Forex se caractérise principalement par la simultanéité de l’achat d’une  devise  et  de  la  vente  d’une autre. Parmi les transactions observées  sur  ce  marché,  85%  concernent les devises principales, appelées «majors», qui comprennent le dollar  américain  (USD),  le  dollar canadien  (CAD),  le  dollar  australien   (AUD),   la   livre   sterling (GBP), l’euro (EUR), le yen (JPY)

et  le  franc  suisse  (CHF).  Les couples   les   plus   prisés   sont EUR/USD,        JPY/USD        et USD/CHF. A eux  trois,  ils  représentent près de 60% des échanges. Et  deux  raisons  principales  président à ce type de transactions. La première,  qui  représente  5%  des échanges,  implique  les  gouvernements  et  les  entreprises.  En  effet, pour  payer  les  produits  importés ou pour convertir en monnaie locale les bénéfices réalisés, ces acteurs achètent  ou  vendent  des  devises. La seconde, qui représente les 95% restants des transactions, est relative à la spéculation. Autrement dit, la majorité des devises sont achetées  et  vendues  dans  le  seul  but d’en tirer profit. «Contrairement à l’achat d’une action, qui représente souvent  un  investissement  à  long terme,  le  trading  des  devises  est essentiellement  un  instrument  de spéculateur  à  plus  court  terme», confirme Nicholas Bang. Le Forex est donc un marché qui fonctionne24  heures  sur  24.  Les  échanges débutent  à  Sydney,  puis  tournent autour  du  monde  au  rythme  de l’ouverture des places financières. C’est également un marché «over the counter» (OTC), car il engage toujours  plusieurs  parties  via  un réseau de communication comprenant  spéculateurs,  investisseurs, gouvernements,  entreprises,  brokers et banques. Le Forex est ainsi réglementé  par  diverses  organisations nationales ou internationales qui  le  supervisent,  bien  que  les échanges ne soient pas centralisés dans  un  lieu  déterminé,  à  l’instar d’une  bourse  des  valeurs  où  sont échangées des actions ou d’autres produits  financiers.  Et  dans  cet univers  règne  la  loi  du  mieux formé,  rarement  celle  du  plus chanceux. Parfois également celle du plus fort – comme dans l’épisode  de évaluer  l’évolution  future  des  taux de  change.  Les  indicateurs  de  ce type     d’analyse     s’interprètent d’ailleurs de la même manière que ceux  appliqués  à  l’évaluation  des actions.  Une  formation  minimale dans  ce  domaine  constitue  par conséquent  un  prérequis  indispensable. Il convient également de maîtriser la compréhension des facteurs qui déterminent les taux de change à court terme, comme le rythme de l’activité  économique  et  le  niveau des taux d’intérêt. A titre d’illustration,  l’économie  vigoureuse  d’un pays se traduit par des importations en hausse. L’achat de devises et le taux de change du marché ont tendance à converger vers les taux de change calculés sur la base de la parité des pouvoirs d’achat (PPA). Pour  illustrer  les  fondements  de cette       affirmation,       prenons l’exemple  d’un  sandwich  chaud d’une grande marque de fast-food. Admettons que le prix soit de 6,5 francs  en  Suisse  et  de  2,9  dollars aux Etats-Unis. Le taux de change PPA devrait s’établir à USD/CHF à

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