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Le discours hawkish de la Banque d’Angleterre profite à la livre

Après une chute d’environ 4 % relativement au dollar américain en fin de 2010 pour retourner sous 1,54 $ US, la livre sterling a récemment rebondi au-dessus de 1,60 $ US. L’adoption d’un discours plus hawkish par la Banque d’Angleterre(BoE) et une accalmie des tensions financières en Europe expliquent la remontée récente de la livre par rapport au billet vert. La livre s’est fortement appréciée par rapport à l’euro au cours des derniers mois, la paire EUR/GBP passant de 0,89 £ à la mi-octobre à environ 0,83 £ à la mi-janvier.

En fin de 2010, la publication du compte rendu de la rencontre de politique monétaire du mois de décembre a redonné une impulsion à la livre. En effet, la BoE s’est montrée très préoccupée par la force de l’inflation, dont le taux annuel a atteint 3,7 % en décembre. Les membres du comité notaient que les perspectives d’inflation à court terme ont encore augmenté et, plus préoccupant encore, que certains indicateurs des anticipations d’inflation se sont accrus. La plupart des membres considéraient ainsi que la balance des risques à moyen terme sur l’inflation avait probablement crû. Ce discours nettement plus hawkish laisse entrevoir la possibilité d’un resserrement monétaire prochain. La BoE a toutefois opté de nouveau pour le statu quo en janvier.

L’économie britannique demeure trop fragile pour une hausse prochaine des taux directeurs. La croissance du PIB réel a dépassé les attentes au deuxième et au troisième trimestre de 2010, mais plusieurs statistiques économiques signalent que cette embellie pourrait être temporaire. Les dernières données montrent ainsi que l’indice des directeurs d’achat du secteur des services est redescendu sous la barre de 50, que certains indices de prix des maisons ont fortement reculé en décembre et que la demande de crédit hypothécaire en vue d’un achat a diminué significativement au dernier trimestre de 2010. De plus, les importantes mesures d’austérité risquent d’avoir un impact négatif important sur la croissance britannique. Nous continuons de miser sur un taux directeur inchangé au Royaume-Uni tout au long de 2011. Cependant, il est maintenant clair que toute amélioration des perspectives économiques pourrait convaincre la BoE d’amorcer un resserrement monétaire beaucoup plus rapidement pour combattre l’inflation.

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