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La crise va-t-elle fragiliser le dollar ?

rend effectivement la monnaie européenne fragile, l’histoire n’est pas écrite pour autant. Il est impossible de connaître actuellement l’issue de la conduite actuelle des politiques monétaires ; mais il est tout à fait envisageable que les choix de la Banque centrale européenne renforcent à terme le caractère international de l’euro aux dépens du dollar.

Le taux de change d’une monnaie est déterminé par les équilibres ou déséquilibres comptables des balances des paiements mais aussi à court terme par le différentiel de taux d’intérêt et de politique monétaire anticipée.

La crise a changé la donne puisqu’elle a conduit les autorités monétaires en particulier américaines, britanniques et japonaises à mettre en place un volet non quantitatif à leur politique monétaire traditionnelle de baisse des taux d’intérêt directeurs.

Ce volet a consisté en l’achat d’actifs et s’est traduit par une monétisation de la dette publique. Dès lors, le différentiel de taux d’intérêt n’a plus été suffisant pour expliquer l’évolution du marché des changes et notamment de l’euro contre dollar.

En effet, la décision prise par certaines Banques centrales

occidentales de procéder à des achats d’actifs non stérilisés conduit inévitablement à une expansion supplémentaire de la base monétaire qui tend, via les anticipations d’inflation, à déprécier mécaniquement la valeur de la monnaie du pays concerné vis-à-vis des monnaies des pays qui ne pratiquent pas une politique monétaire similaire. Dès lors, la perspective de hausse des prix relatifs qui en découle réduit mécaniquement les rendements réels futurs, ce qui favorise la dépréciation du taux de change du pays considéré.

Un tel mécanisme est susceptible d’être d’autant plus marqué pour le taux de change effectif nominal du dollar que la Réserve Fédérale est sans conteste la Banque centrale qui a mis en oeuvre la politique d’assouplissement quantitatif la plus agressive. Cette évolution est par ailleurs encore plus significative pour le cours euro/dollar dans un contexte où la Banque centrale européenne s’est engagée à ce que ses achats d’actifs, qui sont d’une moindre ampleur que ceux de la Fed, soient stérilisés.

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