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L’impact de l’euro sur la valeur extérieure du franc suisse

Les marchés d’après-guerre ont attribué au franc un label  de  qualité  tout  à  fait  particulier.  Notre  monnaie a  ainsi  joué  souvent  le  rôle  de monnaie de refuge vers laquelle il fallait se tourner en cas de turbulences dans le système monétaire international. En cas de crise de confiance, à l’égard du dollar par exemple, les capitaux spéculatifs se dirigeaient vers le mark et le franc et, comme notre marché était étroit,  ils  provoquaient  souvent  une  appréciation  supplémentaire  du  franc  suisse  par rapport à la monnaie allemande.

Y a-t-il quelque chose de changé sur ce plan ?

Notre  expérience  de  cohabitation  avec  l’euro n’a  que  six  ans,  ce  qui,  en  matière monétaire,  est  une  période  encore  trop  courte  pour  que  des  conclusions  définitives puissent être tirées. Néanmoins, un certain nombre d’observations intéressantes peuvent déjà être faites.

Tout d’abord, le franc nous paraît moins volatil face à l’euro qu’il ne l’était face au mark allemand. Il est, d’une certaine manière, moins affecté que précédemment par les chocs de  changes  internationaux,  et  sa  fonction  de  valeur  refuge  semble  avoir  diminué.

Réagissant  moins  à  la  spéculation,  notre  monnaie  reflète  donc  mieux  les  facteurs fondamentaux de l’économie suisse. Il faut s’en réjouir.

Une possible explication de cette réalité tient au fait que l’introduction de l’euro a changé, en le stabilisant, le fonctionnement du système monétaire international. Par le passé, ce système  était  dominé  par  le  dollar.  Aujourd’hui,  l’euro offre  un  contrepoids  essentiel  au dollar. Lorsque le dollar chute, comme ce fut le cas récemment, l’euro absorbe une bonne partie  des  capitaux  fuyant  la  devise  américaine.  Cette  dynamique  protège  les  monnaies tierces des fluctuations de changes causées par des ajustements de portefeuilles.

Nous  avons  pu  observer  ce  phénomène  dès  l’introduction  de  l’euro  en  1999.  Le  dollar s’est d’abord apprécié, et ensuite déprécié face à la plupart des monnaies. Comme l’euro a  joué  le  rôle  de  contrepoids,  les  mouvements  de  changes  du  franc  suisse  ont  été relativement  limités,  à  l’exception,  bien  entendu,  des  mouvements  face  au  dollar.  Ce phénomène  a  aussi  été  observé  pour  d’autres  monnaies,  comme  par  exemple  la  livre anglaise, le yen japonais, le dollar canadien et la couronne norvégienne.

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