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L’euro protège l’économie européenne.

L’union   économique et   monétaire   a   également   permis   de   protéger l’économie européenne des chocs extérieurs au cours des dernières années : crise des pays émergents de 1998, choc pétrolier des derniers mois, ralentissement en cours de l’économie américaine et du commerce mondial. Le commerce intra-zone euro  s’est  en  effet  fortement  développé,  le  taux  d’ouverture  de  la  zone  sur l’extérieur ne se situant aujourd’hui qu’à environ 13 % du PIB de la zone, contre des  taux  allant  de  20  %  à  70%  pour  les  économies  nationales  avant  la  mise  en place de l’Union Européenne et Monétaire. Ainsi, les exportations vers les Etats- Unis  ne  pèsent  que  2,2  %  du  PIB  de  la  zone  (avec  des  situations  nationales toutefois contrastées, le ratio étant de 2,2 % pour la France, mais de 3,2 % pour l’Allemagne.

Ce  rôle  de  «  bouclier  »  de  l’euro  permet  d’atténuer  le  fort  ralentissement américain actuel (après 5 % de croissance en 2000, il n’est pas exclu que le PIB américain  reste  stable  en  2001).  Ce  ralentissement  pourrait  être  presque compensé par le programme de baisse des impôts en Italie, en Allemagne et en France.  L’euro  permet  ainsi  d’assurer  une  relative  stabilité  à  la  croissance  de l’économie européenne, tandis que la politique de la Banque centrale et les gains de productivité dégagés grâce aux investissements et aux fusions préservent cette zone de l’inflation. Ainsi, en 2001, le PIB de la zone euro pourrait augmenter de2,5 % après 3,4 % en 2000, la croissance des prix à la consommation se limitant à 1,9  %  (1,3  %  pour  l’inflation  sous-jacente),  après  2,3  %  en  2000  (1,3  %  pour l’inflation sous-jacente ).Arrêtons-nous quelques instants sur ces considérations macroéconomiques.

Les indications récentes montrent que l’économie européenne croissait au dernier trimestre  2000  à  un  rythme  annuel  de  l’ordre  de  3  %  alors  que  l’économie américaine progressait de 1,4% . « Pour la première fois depuis la fin de 1995, le différentiel de croissance est durablement passé en faveur de l’Europe », comme le soulignait un économiste d’un grande banque américaine.

Mais  plus  significatif  encore  que  ces  chiffres,  est  la  nature  même  de l’expansion  économique  propre  à  l’Europe  et  aux  Etats-Unis.  La  croissance américaine  a  été  suscitée  par  les  gains  de  productivité  nés  de  la  révolution technologique  et  a  été  soutenue  par  les  «  effets-richesse  »  ressentis  par  les consommateurs  qui  bénéficiaient  de  la  poussée  des  actifs  boursiers  liée  à  la croissance  de  l’investissement.  Mais,  on  assiste  aujourd’hui,  de  la  part  des entreprises  américaines,  à  des  anticipations  de  profits  moins  optimistes  que celles  qui  avait  présidé  à  l’emballement  boursier.  Intervient  alors  la  correction inévitable.  C’celle-ci  provoque  un  renversement  de  l’  «  effet-richesse  »  et  une détérioration  de  la  confiance  des  consommateurs.  Face  à  ce  processus,  la situation  de  l’économie  européenne  apparaît  très  différente  dans  la  mesure  où elle n’a pas connu le même modèle de cycle que celui des Etats-Unis. L’Europe, dont  les  réformes  structurelles  commencent  à  porter  leurs  fruits  et  où  les politiques  budgétaires  sont  plus  accommodantes    peut-être  dans certains  cas un peu trop accommodantes…  , profite aujourd’hui de la vigueur retrouvée de la demande intérieure, source traditionnelle de croissance moins dépendante en Europe de la performance des bourses qu’elle ne l’est aux Etats-Unis.

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